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Les Amants d'un Jour
Moi j'essuie les verres au fond
du café
J'ai bien trop à faire pour pouvoir rêver
Mais dans ce décor banal à pleurer
Il me semble encore les voir arriver
Il sont arrivés se tenant par
la main
L'air émerveillé de duex chérubins
Portant le soleil ils ont demandé
D'une voix tranquille un toit pour s'aimer
Au cœur de la ville et je me rappelle
Qu'ils ont regardé d'un air attendri
La chambre d'hôtel au papier jauni
Et quand j'ai fermé la porte sur eux
Y' avait tant d' soleil au fond de leurs yeux
Que ça m'a fait mal, que ça m'a fait mal
Moi j'essuie les verres au fond du café
J'ai bien trop à faire pour pouvoir rêver
Et dans ce décor banal à pleurer
C'est corps contre corps qu'on les a trouvés
On les a trouvés se tenant par
la main
Les yeux refermés vers d'autres matins
Remplis de soleil on les a couchés
Unis et tranquilles dans un lit creusé
Au cœur de la ville et je me rappelle
Avoir refermé dans le petit jour
La chambre d'hôtel des amants d'un jour
Mais ils m'ont planté tut au fond du cœur
Un bout d' leur soleil et tant de couleurs
Que çà me fait mal, que çà me fait mal
Moi j'essuie les verres au fond
du café
J'ai bien trop à faire pour pouvoir rêver
Et dans ce décor banal à pleurer
Y'a toujours dehors … la chambre à louer
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L'Accordéoniste
La fille de joie est belle
Au coin d' la rue, là bas
Elle a une clientèle
Qui lui remplit son bas
Quand son boulot s'achève
Elle s'en va à son tour
Chercher un peu de rêve
Dans un bal du faubourg
Son homme est un artiste
C'est un drôle de p'tit gars
Un accordéoniste
Qui sait jouer la java …
Elle écout' la java
Mais elle ne la dans' pas
Elle ne regarde même pas la piste
Mais ses yeux amoureux
Suivent le jeux nerveux
Et les doigts secs et longs de l'artiste
Çà lui rentr' dans la peau
Par le bas, par le haut
Elle a envie d' chanter, c'est physique
Tout son être est tendu
Son souffle est suspendu
C'est une vrai tordue d' la musique …
La fille de joie est triste
Au coin d' la rue, là bas
Son accordéoniste
Il est parti soldat
Quand il r' viendra d' la guerre
Il prendront une maison
Elle sera la caissière
Et lui sera l' patron
Que la vie sera belle
Ils s' ront de vrais pachas
Et tous les soirs pour elle
Il jouera la java …
Elle entend la java
Qu'elle fredonne tout bas
Elle revoit son accordéoniste
Et ses yeux amoureux
Suivent le jeux nerveux
Et les doigts secs et longs de l'artiste
Çà lui rentr' dans la peau
Par le bas, par le haut
Elle a envie d' pleurer, c'est physique
Tout son être est tendu
Son souffle est suspendu
C'est une vrai tordue d' la musique …
La fille de joie est seule
Au coin d' la rue, là bas
Les filles qui font la gueule
Les hommes n'en veulent pas
Et tant pis si elle crève
Son homme ne r' viendra plus
Fini tous les beaux rêves
Sa vie elle est foutue
Pourtant ses jambes tristes
L'entraînent au bouis-bouis
Où y a un autre artiste
Qui joue toute la nuit …
Elle écoute la java … …… …
Elle entend la java … …… …
Elle a fermé les yeux … …… …
Les doigts secs et nerveux … …… …
Çà lui rentr' dans la peau
Par le bas, par le haut
Elle a envie d' crier, c'est physique
Alors pour oublier
Elle s'et mise à danser
A tourner au son de la musique
… …… …… …… …… …… …… …… …
…………Arrêtez … / … Arrêtez la musique …
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Padam, Padam
Cet air qui m'obsède jour et
nuit
Pourtant n'est pas né d'aujourd'hui
Il vient d'aussi loin que je viens
Traîné par cent mill' musiciens
Un jour cet air me rendra folle
Cent fois j'ai voulu dire pourquoi
Mais il m'a coupé la parole
Il parle toujours avant moi
Et sa voix couvre ma voix
Padam… padam… padam…
Il arrive en courant derrière moi
Padam… padam… padam…
Il me fait le coup du "souviens-toi"
Padam… padam… padam…
C'est un air qui me montre du doigt
Et je traîne après moi comme une drôle d'erreur
Cet air qui sait tout par cœur
Il dit rappeles toi tes amours
Rappell' toi puisque c'est ton tour
Y a pas d' raison que tu n' pleur's pas
Avec tes souv' nirs sur les bras
Et moi je revois ce qui reste
Mes vingts ans font battre tambour
Je vois s' entrebattrent les gestes
Tout' la comédie des amours
Sur cet air qui va toujours
Padam… padam… padam…
Des "je t'aime" de quatorze juillet
Padam… padam… padam…
Des "toujours" qu'on achète au rabais
Padam… padam… padam…
Des "vœux tu en voilà" par paquets
Et tout çà pour tomber juste au coin d' la rue
Sur l'air qui m'a reconnue
Padam… padam… padam… (music)
Ecoutez le chahut qu'il me fait
Padam… padam… padam… (music)
Comme si tout mon passé défilait - (5 mesures)
Padam… padam… padam… (music)
Faut garder du chagrin pour après
J'en ai tout un solfège sur cet air qui bat
Qui bat - comme un cœur de bois - (5 à 8 mesures)
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L'Homme à la Moto
Il portait des culottes, des
bottes de moto
Un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos
Sa moto qui partait comme un boulet de canon
Semait la terreur dans toute la région
Jamais il ne se coiffait jamais
il ne se lavait
Les ongles pleins de cambouis, mais sur le biceps il avait
Un tatouage avec un cœur bleu sur sa peau blême
Et juste à l'intérieur on lisait maman je t'aime
Il avait une petite amie au doux nom de Marylou
On la prenait en pitié, une enfant de son âge
Car tout le monde savait bien qu'il aimait entre tout
Sa chienne de moto bien d'avantage
Il portait des culottes, des
bottes de moto
Un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos
Sa moto qui partait comme un boulet de canon
Semait la terreur dans toute la région
Marylou, la pauvre fille, l'implora
le suplia
Tu ne pars pas ce soir, je vais pleurer si tu t'en vas
Mais ses mots furent perdus, et ses larmes pareillement
Dans le bruit de la machine et du tuyau d'échappement
Puis il bondit comme un diable avec des flammes dans les yeux
Au passage à niveau ce fut comm' un éclair de feu
Contre une locomotive qui filait vers le midi
Et quand on débarrassa les débris
On trouva sa culotte, se bottes
de moto
Son blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos
Mais plus rien de sa machine, et plus rien de ce démon
Qui semait la terreur dans toute la région…
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