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Accordéon
Dieu que la vie est cruelle
aux musiciens des ruelles
Son copain, son compagnon c'est l'accordéon
Qui c'est y qui aide à vivre, à s'asseoir quand il s'ennivre
C'est y vous c'est y moi, non c'est l'accordéon
Accordez accordez accordez donc
l'aumône à l'accordéon
Il sont comme cul et chemise,
et quand on les verbalise
Il accompagne au violon son accordéon
Il passe une nuit tranquille, puis au matin il refile
Un peu d'air dans les poumons de l'accordéon
Accordez accordez accordez donc
l'aumône à l'accordéon
Quand parfois il lui massacre ses petits boutons de nacre
Il en fauche à son veston pour l'accordéon
Lui emprunte ses bretelles pour secourir la ficelle
Qui retient ses pantalons en accordéon
Accordez accordez accordez donc
l'aumône à l'accordéon
Mais un jour par lassitude il
laiss' ra la solitude
Se pointer à l'horizon de l'accordéon
Il en tirera cinquante centimes à la brocante
Et on f' ra plus attention à l'accordéon
Accordez accordez accordez donc
l'aumône à l'accordéon
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Est ce ainsi
que les hommes vivent
Tout est affaire de décor
Changer de lit, changer de corps
A quoi bon puisque c'est encore
Moi, qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m'éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j'ai cru trouver un pays
Cœur léger, cœur changeant,
cœur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes jours
Que faut-il faire de mes nuits
Je n'avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m'endormais comme le bruit
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent
C'était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d'épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j'y tenais mal mon rôle
C'était de n'y comprendre rien
Dans le quartier Hohenzollern
Entre la Sarre et les casernes
Comme les fleurs de la luzerne
Fleurissaient les seins de Lola
Elle avait un cœur d'hirondelle
Sur le canapé du bordel
On venait m'allonger près d'elle
Dans les hoquets du pianola
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent
Le ciel était gris de nuages
Il y volait des oies sauvages
Qui criaient la mort au passage
Au dessus des maisons, des quais
Je les voyais par ma fenêtre
Leur chant triste entrait dans mon être
Et je croyais y reconnaître
Du Rainer Maria Rilkè
Elle était brune et pourtant
blanche
Ses cheveux tombaient sur ses hanches
Et la semaine et le dimanche
Elle ouvrait à tous ses bras nus
Elle avait des yeux de faïence
Et travaillait avec vaillance
Pour un artilleur de Mayence
Qui n'en est jamais revenu
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent
Il est d'autres soldats en ville
Et la nuit montent les civils
Remets du rimmel à tes cils
Lola qui t'en ira bientôt
Encore un verre de liqueur
Ce fut en avril à cinq heures
Au petit jour que dans ton cœur
Un dragon plongea son couteau
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent
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Un petit poisson,
un petit oiseau
Un petit poisson, un petit oiseau
s'aimaient d'amour tendre
Mais comment s'y prendre quand on est dans l'eau
Un petit poisson, un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre
Mais comment s'y prendre quand on est là haut
Quand on est là haut, perdu
au creux des nuages
On regarde en bas pour voir son amour qui nage
Et l'on voudrait bien changer au cours du voyage
Ses ailes en nageoires, les arbres en plongeoir, le ciel en baignoire
Un petit poisson, un petit oiseau
s'aimaient d'amour tendre
Mais comment s'y prendre quand on est dans l'eau
Un petit poisson, un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre
Mais comment s'y prendre quand on est là haut
Quand on est dans l'eau, on
veut que vienne l'orage
Qui apporterait du ciel bien plus qu'un message
Et pourrait d'un coup changer au cours du voyage
Les plumes en écailles, les ailes en chandail et les algues en paille
Un petit poisson, un petit oiseau
s'aimaient d'amour tendre
Mais comment s'y prendre quand on est dans l'eau
Un petit poisson, un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre
Mais comment s'y prendre quand on est là haut
Un petit poisson, un petit oiseau
s'aimaient d'amour tendre
Mais comment s'y prendre quand on est dans l'eau
Un petit poisson, un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre
Mais comment s'y prendre quand on est là haut
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Le piano du
pauvre
Le piano du pauvre se pend autour
du cou
La chanson guimauve, Toscanini s'en fou
Mais il est pas chien, et le lui rend bien
Il est eclecti - que
Sonate ou java, concerto, polka,
Ils aiment la musi - que
Le piano du pauvre, c'est l'
Chopin du printemps
Sous le soleil mauve des lilas de Nogent
Il roucoule un brin à ceux qui s' plaisent bien
Et fait des avan - ces
Ravel ou Machin, c'est déjà la fin
Mais v' la qu' y r' commen - cent
Le piano du pauvre se noue autour
des reins
Sa chanson guimauve, ça va toujours très loin
Car il n'est pas chien, toujours il y r' vient
Il a la prati - que
C'est pour ça d'ailleurs qu' les histoires de cœur
Finissent en musi - que
Le piano du pauvre est un joujou
d'un sou
Quand l'amour se sauve, y' a pas qu' lui qui s'en fou
Car on n'est pas chien, on le lui rend bien
On est eclecti - que
Jules ou bien Machin, c'est déjà la fin
Mais v' la qu'on y r' pi - que
Le piano du pauvre c'est pas
qu'il est voyou
La chanson guimauve, on en prend tous un coup
Car on n'est pas chien, on a les moyens
Et le cœur qui plis - se
Quand Paderevsky tire de son étui
L'instrument d' servi - ce
Le piano du pauvre n'en fini
pas d' jacter
Sous le regard fauve des rupins du quartier
Pendant qu' les barbus du viel Institut
Posent leurs bési - cles
Pour entendre au loin le piano moulin
Qui leur fait l'arti - cle
Le piano du pauvre dans sa boîte
à bobards
S' tape un air guimauve, en s' prenant pour Mozart
S' il a l'air grognon, et joue sans façons
Des javas perver - ses
C'est qu'il est pas chien, et puis qu'il faut bien
Faire marcher l' commer - ce
Tu viens… chéri…
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