REPERTOIRE  P

L'Inventaire
L'Aigle noir
Diego
La Solitude

L'inventaire

Autrefois pour faire sa cour
On parlait d'amour

Pour mieux prouver son ardeur

On offrait son cœur

Maintenant c'est plus pareil

Çà change, çà change

Pour séduire le cher ange

On lui glisse à l'oreille

Ah Gudule viens m'embrasser

Et je te donnerai :

Un frigidaire
Un joli scooter

Un atomizer

Et du dunloppillo

Une cuisinière

Avec un four en verre

Des tas de couverts

Et des pelles à gâteaux

Une tourniquette

A faire la vinaigrette

Un bel aerateur

Pour bouffer les odeurs

Des draps qui chauffent

Un pistolet à gauffres

Un avion pour deux

Et nous serons heureux

Autrefois s'il arrivait
Que l'on se querelle

L'air lugubre on s'en allait

En laissant la vaisselle

Maintenant que voulez vous

La vie est si chère

On dit rentre chez ta mère

Et l'on garde tout

Ah Gudule, excuse toi

Ou je reprend tout çà :

Mon frigidaire
Mon armoire à cuillères

Mon evier en fer

Et mon poële à mazout

Mon cire godasse

Mon repasse limaces

Mon tabouret à glace

Et mon chasse filou

La tourniquette

A faire la vinaigrette

Le ratatine ordures

Et le coupe friture

Et si la belle

Se montre encore rebelle
On la fiche dehors

Pour confier son sort :

Au frigidaire
A l'efface poussières

A la cuisinière

Au lit qu'est toujours fait

Au chauffe savates

Au canon à patates

A l'éventre tomates

A l'écorche poulet

Mais très très vite

On reçoit la visite

D'une tendre petite

Qui vous offre son cœur

Alors on cède

Car il faut qu'on s'entr' aider

Et l'on vit comme çà
Jusqu'à la prochaine fois

 

DIEGO

Derrière des barreaux
Pour quelques mots

Q'il pensait si fort

Dehors, dehors il fait chaud

Des milliers d'oiseaux

S'envolent sans effort

Quel est ce pays
Où frappe la nuit

La loi du plus fort

Diego, libre dans sa tête

Derrière sa fenêtre

S'endort peut être

Et moi que danse ma vie
Qui chante et qui rit

Je pense à lui

Diego, libre dans sa tête

Derrière sa fenêtre

Déjà mort, peut être

 

L'Aigle noir

Un beau jour ou peut être une nuit
Prrès d'un lac je m'étais endormie

Quand soudain semblant crever le ciel

Et venant de nulle pert

Surgit un aigle noir

Lentement les ailes déployées
Lentement je le vis tounoyer

Près de moi dans un bruissement d'aile

Comme tombé du ciel

L'oiseau vint se poser

Il avait des yeux couleur rubis
Et des plumes couleur de la nuit

A son front brillant de mille feux

L'oiseau roi couronné portait

Un diamant bleu

De son bec il a touché ma joue
Dans ma main il a glissé son cou

C'est alors que je l'ai reconnu

Surgissant du passé il m'était revenu

Dis l'oiseau oh emmène moi
Retournons au pays d'autrefois

Comme avant dans mes rêves d'enfant

Pour cueillir en tremblant

Des étoiles, des étoiles

Comme avant dans mes rêves d'enfant
Comme avant sur un nuage blanc

Comme avant allumer le soleil

Etre faiseur de pluie

Et faire des merveilles

 

La Solitude

Je l'ai trouvée devant ma porte un soir que je rentrais chez moi
Partout elle me fait escorte, elle est revenue la voilà

La renifleuse des amours mortes, elle m'a suivi pas à pas,

La garce, que le Diable l'emporte, elle est revenue, elle est là

Avec sa gueule de Carême, avec ses larges yeux cernés
Elle nous fait le cœur à la traîne, elle nous fait le cœur à pleurer

Elle nous fait les matins blêmes, et de longues nuits désolées,

La garce, elle nous ferait même l'hiver au plein cœur de l'été

Dans ta triste robe de moire, avec tes cheveux mal peignés
T'as la mine du désespoir, tu n'est pas belle à regarder

Allez va t'en porter ailleurs ta triste gueule de l'ennui

Je n'ai pas le goût du malheur, va t'en voir ailleurs si j'y suis

Je veux encore rouler des hanches, je veux me saoûler de printemps
Je veux m'en payer des nuits blanches à cœur qui bat, à cœur battant

Avant que sonne l'heure blême, et jusqu'à mon souffle dernier

Je veux encore dire je t'aime, et vouloir mourir d'aimer

Elle a dit ouvre moi ta porte, je t'avais suivie pas à pas
Je sais que tes amours sont mortes, je suis revenue, me voilà

Ils t'ont récité leurs poêmes, des beaux messieurs, des beaux enfants

Des forains beaux, des faux Verlaines, et bien c'est fini maintenant

Depuis elle me fait des nuits blanches, elle s'est pendue à mon cou
Elle s'est enroulée à mes hanches, elle se couche à mes genoux

Partout elle me fait escorte, et elle me suit pas à pas

Elle m'attend devant ma porte, elle est revenue, elle est là

La so li tu de, la so li tu de.