L'accident...

C'est arrivé comme cela devait arriver...

Revenir de Carpentras pour Lessay avant la nuit, un peu juste pour y arriver quelques minutes avant la nuit réglementaire...

A vue de nez, environ 800 km (plus de 1.000 par route), combien de temps de vol, 4 heures ? Ils sont partis vers 15-16 heures ?

Un peu juste comme calcul, et compter avec une météo, les imprévus, une panne, un déroutement...
Tout ce qui doit être mis en oeuvre pour arriver en toute sécurité...

S'il est arrivé près de Lessay aux environs de 20 heures, en plein brouillard, avec une panne totale d'instruments...
Vraiment pas loin de Lessay...

Je ne suis pas experte en accidentologie, mais on peut raisonner que c'était vraiment très très juste comme plan de vol...

Mille heures de vol, et on se fait piéger par des impondérables se cumulant... grave ...

Le même vol partant vers 13 heures par exemple : météo prévoyant sans doute ce maudit brouillard au dessus de la Manche, ce dimanche il faisait assez mauvais temps, et puis panne électrique de tableau de bord, et puis ... et puis... d'autres impondérables possibles... c'est ça l'aviation, la vraie...
Ce vol aurait abouti s'il y avait ce TEMPS (le temps qui passe) : panne, brouillard, ... déroutement ? vol à vue ? En se déroutant, très possible pour un pilote chevronné... MAIS MAIS ce TEMPS incontournable du coucher de soleil réglementaire avec 30 mn de sécurité... et si près du but ! ! !

Que cela serve pour tous ceux qui volent un peu en dehors des clous, ce TEMPS incompressible qui est le vrai MAÎTRE de nos vies si fragiles, très minces et inéluctable en face de nos prétentions...

Nous sommes de tout coeur avec les familles des deux victimes de ce TEMPS ...

Martyna

 

Un avion de tourisme s'est écrasé dimanche soir à Rémilly-sur-Lozon (Manche). Le pilote et la copilote ont été tués : ils devaient se poser à Lessay, à quelques kilomètres du lieu du drame.

« Depuis dix bonnes minutes un avion tournait au-dessus de nos têtes. Et puis tout à coup, grand silence, suivi d'un violent impact. » Dimanche soir, Philippe Gosselin est chez lui à Rémilly-sur-Lozon, tout près des marais. Maire de la commune et député de Saint-Lô, il alerte les secours : « Un avion vient de tomber tout près de chez moi. »
L'avion, un Cessna 177 de 4 places, était parti de Carpentras (Vaucluse) dans l'après-midi, à destination de Lessay, où il était basé. À son bord, deux de ses co-propriétaires : Bernard Leforestier, 70 ans, originaire de Hauteville-la-Guichard, pilote confirmé avec plus de mille heures de vol, et Laëtitia Philippe, 38 ans, d'Équeurdreville, titulaire de son brevet de pilotage depuis 2007.

Il est 20 h lorsque les gendarmes arrivent à Rémilly-sur-Lozon, avec pour seule indication du lieu de l'accident, le bruit entendu par les riverains. Mais le secteur est vaste, marécageux, et surtout, le brouillard est dense : un PC de crise est installé dans la mairie pour organiser et coordonner les secours. « La ligne haute tension et ses pylônes ont servi de points de référence pour délimiter le secteur à quadriller », explique le capitaine Éric Infante, de la compagnie de Saint-Lô. Une cinquantaine de gendarmes investissent la campagne alentour, « dans un rayon de 5 km ». Des agriculteurs les guident et les éclairent avec leurs tracteurs. L'hélicoptère Dragon 50 est envoyé sur zone. Les pompiers sont en renfort avec leur canot, au cas où les marais devraient être sondés.

À quelques kilomètres de l'aérodrome

Vers minuit, l'épave de l'avion est retrouvée dans un champ près du hameau de la Chaussée. La carlingue est dans un talus, une aile à environ 10 m du pied d'un pylône de la ligne à 400 000 volts et des débris tout autour. Deux corps éjectés gisent à proximité. « Le choc a été d'une extrême violence », confirme le procureur de la république de Coutances, François Gosselin.

Les deux pilotes connaissaient parfaitement ce trajet. Mais Didier Dubos, président du centre aéronautique de Lessay précise « notre terrain ne dispose pas de balisage lumineux, l'avion devait donc impérativement revenir avant la nuit aéronautique ». C'est-à-dire au maximum 30 minutes après le coucher du soleil. Soit dimanche, vers 19 h 50. Le crash s'est produit alors que l'avion n'était plus qu'à quelques kilomètres de l'aérodrome.

Que s'est-il passé ? C'est ce que devront déterminer les techniciens de la gendarmerie et du bureau enquêtes et analyses. Ils ont mené leurs investigations une bonne partie de la journée d'hier. Selon le procureur une panne d'instruments cumulée à de mauvaises conditions atmosphériques serait à l'origine de l'accident.

Nathalie LECORNU-BAERT.

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